Des bras de cette amante on sort le corps rompu,Avec autour des yeux des cercles qui charbonnent,Car sous son être blond se cache une démone,Et des philtres maudits dans son sang corrompu. Souillant la nuit diaphane aux yeux de basilic,Je suis fou, je...
Lisa les aime nuls au lit Tout rougissants tout ramollis Petits en dépit de la panse Adipeuse qui les devance C’est ainsi que Lisa les veut Bavant d’amour dans ses cheveux Et roulant des yeux psychopathes Tandis que leurs pataudes pattes Partout promènent...
J’attends des nouvelles des fées, Mais le vent même, ici, s’est tu, Les braises se sont étouffées Sous l’hiver et ses crocs pointus. Grand-père savait des histoires Sur toutes les bêtes des champs, Et je faisais semblant de croire Que le monde n’est pas...
Ce corps où tu rôdes, souffrance, Je m’en déferais volontiers Pour renaître dans le silence D’un sentier d’herbe forestier. Pour quel motif, par quel mystère Dieu fit-il ce vase de sang Si laid, lourd et rudimentaire, Quand l’esprit, lui, incandescent,...
Ta féminité m’indiffère Ce soir je vise un autre but J’aspire enfin à satisfaire Ma soif d’outrages et d’abus Je pousse un pouce auquel on cède Pouce après pouce de terrain Regarde-moi quand je possède L’antre qui mène entre ces reins C’est là que débouche...
Elle resserre les ficelles Et me dit non, comme il se doit ; Juteuse à s’en lécher les doigts Mais le cœur tissu d’acier froid, C’est mon tortionnaire en dentelles ; Je ferais tout pour l’amour d’elle. Assise au-dessous ma bouche, Se refaisant le mascara,...
Ta chatte ô corne d’abondance Ta chatte ô creuset d’enchanteur Ta chatte arche de notre alliance M’avale un doigt inquisiteur Laisse les pendre tes babines Clapote en frétillant du cul Cet enlèvement des Sabines On l’a déjà cent fois vécu Ta chatte salive...
L’âme de la fleur fut ici naguère, Elle nous répond et nous ment encor ; Sa morte chanson s’agrippe à nos corps, Au fil de laquelle, ivres, ils voguèrent. Berçons le parfum des derniers accords Qu’emporte le soir en fleuves grégaires ; Mais d’or, de soleil,...
Ton cul tes seins ta peau ta bouche ! Sol gros de toutes les moissons Terrain de jeux, herbe à frissons Pays des bêtes peu farouches Tes océans de chair : séisme ! Quand je redouble mes assauts Et brûle et lance mes vaisseaux Vers tes détroits, tes caps,...
En partant tu as laissé un grand vide autour de moi, Un Sahara sans soleil, un calme qui m’horrifie… Combien dérisoires sont nos belles philosophies Quand l’aube même a perdu le rose au bout de ses doigts ! Tu fus ma seule richesse et le champ de mes...
C’est une prison, c’est l’éther d’un chant ;Quand flâne au soleil la terre superbe,Mon esprit se blesse aux cloisons du verbe,Et bave une écume en se desséchant. Près ou loin – le même monde attachantSes bois couchés de violon en gerbes,Avec, au surplomb...
Il me revient l’écho d’un jour lointain,– j’étais encor jouvenceau de village ! –Et d’un amour resté sans lendemain,Un bref amour, animal et sauvage,Un amour fol et frais comme un matin. * Un jour, adonc, m’en venant par les champs,Bien innocent, je rêvais...
O nos amours clitoridiennes Au creux de tes lèvres rubis O les tourments que tu subis Par mes saouleries quotidiennes Suçons-le ce bouton de chair Péninsule suprasensible Clandestine et suprême cible Gachette à t’envoyer en l’air Puisant les nectars que...
Plus invisible le visage oublié au fond d’un miroirComme, tendu dessous l’étang, le drap d’une aurore puissanteOu comme ton image en moi avec ses écailles glissantesDétacher du verbe un pollen pour ne jamais s’en émouvoir Le dos s’en retournant aux flûtes,...
Pose-toi, ma peau, sur l’étroite prairie Ceinturant le gouffre aux mille féeries ! Penche-toi, ma hanche ! Etreignons par le flanc L’éminence où dort le coquillage blanc ! Gorge-toi, ma gorge, aux chaudes résurgences Des torrents secrets qui rendent la...
Perds cette manie de fourrager parmi la cendre, Petite, on se brûle en touchant ces feux mal éteints, Mais baigne tes yeux aux miroitements du matin ; Quant aux jours passés, ne cherche pas à les reprendre. La terre est cruelle et nous malmène sans bonté...
Quand des lits qui ont vu nos furtives étreintesSourd cette ombre inlassable à vouloir m’éprouver,Mon sang blêmit, le sang aigre des réprouvés,Et je crois presqu’entendre un chien pousser sa plainte. Sans doute ai-je changé ? Mon œil en demi-teintePeine...
Accourez vite à mon secours Vous les femmes que j’ai connues N’en aimer qu’une est un peu court Je veux vous revoir toutes nues Ah je me vautrais sur vos flancs Au temps de nos amours anciennes N’en aimer qu’une c’est gonflant Serait-ce la belle païenne...
Pas de coup de semonce, rien, mais il arrive que je sente, Impérieux, s’emparer de moi ce désir fou de mutisme – oh ! C’est une complainte indicible, antienne sans rimes, sans mots, Ni lamentation ni prière, et pourtant triste et caressante. Oui, ce chant...
O dieu redoutable et concupiscent A tes pieds je viens en m’accroupissant Donne-moi la chair donne-moi la viande La graisse et les jus dont je suis friande Les membres à vif tout gorgés de sang Que je lècherai en les dépeçant Seigneur jette-moi cet homme...
Tu as beau faire ô tes yeux mouillentPour te soustraire il est trop tardC’est le moment du grand écartDans la gueule de la gargouilleTu as beau faire ô tes yeux mouillent Vois-tu déjà tu t’agenouillesTerminés les jeux innocentsL’amour aime le goût du...
Du fond de mon bateau je peux apercevoirCes murs où mes lambeaux de passé se cramponnentEt me font signe. Hivers, printemps, étés, automnes…Le diadème de pierre étend loin son pouvoir. Sur la place, là-bas, une noce résonne.Je ne franchirai pas la porte...
Aucun désir, aucun tourment – quelle paix ! et pourtant tu trembles En cette heure grise où ton cœur, ton esprit tout entier te semblent S’enfoncer dans les froides eaux d’un puits de silence profond Où meurt même le souvenir et où les rêves se défont…...
C’est un violon futur qui pleure à l’intérieurCombien d’arbres fauchés priant en cathédraleEt lointaines lorgnant vers le lac les étoilesOù l’on voit le limon se troubler de frayeur Mais au tranchant des jours une dent s’intercaleComme au commencement...
Ton connin m’est archiconnuJ’aime ses plis et ses méandresJ’aime le pétrir, le pourfendreEn brouter le bouton charnu Si le contact est maintenuTon connin va bientôt répandreUn jus au parfum de coriandrePoissant ton bocage chenu Je savoure ce contenuJusqu’à...